Depuis avril 2016, notre pays vit sous le joug d’une dictature autocratique. L’avènement du pouvoir dit de la Rupture qui a suscité beaucoup d’espoirs auprès d’une importante frange de la population, s’est transformé au fil des années en un véritable cauchemar pour notre peuple. A défaut d’offrir au peuple des perspectives nouvelles pour son épanouissement, le pouvoir de la Rupture sème partout dans le pays les graines de la souffrance, de la division, de la haine, de la désolation et de la pauvreté. Mieux, la Rupture a complètement détruit tous les acquis démocratiques chèrement obtenus par le peuple aux prix d’âpres luttes en 1990.
Aujourd’hui, toutes les institutions de la République sont aux mains et à la solde du clan au pouvoir et de son chef Patrice Talon. Les institutions de contre-pouvoir n’existent que de nom dans le pays ; tous sont d’ailleurs devenus des caisses de résonnance du pouvoir en place. Le Parlement censé être l’épicentre de la défense de la démocratie et des libertés publiques s’est transformé en un instrument d’accouchement des lois scélérates, liberticides et anti-démocratiques. L’Assemblée nationale vote nuitamment désormais à l’aveuglette des lois scélérates que la Cour constitutionnelle s’empresse d’entériner avec une rapidité étonnante. La Cour suprême et la Haute cour de Justice sont muettes comme des carpes pendant qu’une juridiction inique dénommée Cour de Répression des Infractions économiques et du Terrorisme (CRIET) distribue abusivement des peines de 10 et 20 ans de prison aux opposants politiques en exil ou en détention arbitraire dans les geôles du pays. La Haute autorité de l’audiovisuelle censée protégée la liberté de presse et l’exercice de la profession de journaliste est devenue, elle aussi, assassine de la liberté de presse et d’expression.
La gestion des affaires du pays se fait dans une opacité totale. Personne ne sait, par exemple, chaque année comment les milliards qui sont votés sont gérés, pas plus que les citoyens ne savent ce que rapporte chaque exercice aux caisses de l’Etat et à l’économie béninoise, les matières premières d’exportation du pays tels que le coton et le cajou, pour ne citer que ces deux produits là. Le comble est que le pays vit sous la perfusion des dettes à répétition contractées sur les marchés financiers national, régional et international.
Chers compatriotes,
Il est extrêmement difficile de dresser la liste des maux qui gangrènent la gouvernance mafieuse du régime de Patrice Talon : conflits d’intérêts, gestion opaque, népotisme, gabegie, gaspillage des ressources publiques, spoliation des biens publics et privés, régionalisme. La liste est longue. Comme si tout cela ne suffisait pas, sous le couvert de réformes bidonnes, le pouvoir de la Rupture pressure le peuple par des augmentations iniques de taxes dans tous les secteurs qui accentuent la cherté de la vie dans le pays.
Chers compatriotes,
Cette gouvernance mafieuse qui fait dos aux préoccupations du peuple et aux intérêts de la Nation, a lieu dans un contexte de remise en cause, depuis peu, de l’ordre constitutionnel dans beaucoup de pays en Afrique de l’Ouest. C’est le cas au Mali, en Guinée et récemment au Burkina Faso. Dans ces pays, qui sont en proie à la déstabilisation par des groupes terroristes, paravent de l’impérialisme occidental pour la recolonisation de l’Afrique, la question de la gouvernance mafieuse de l’Etat demeure au cœur des mobiles des coups d’Etat militaires qu’on enregistre de plus en plus dans la sous-région ouest africaine. Si beaucoup d’observateurs avertis sont unanimes à dire que ces coups d’Etat sont loin de prendre fin en raison de la mal gouvernance qui caractérise la plupart des pays de la région, des Béninois appellent eux aussi de leurs vœux l’intervention des militaires pour mettre fin au pouvoir et à la gouvernance mafieuse et affameuse de Patrice Talon.
La Coordination générale de la Résistance béninoise dans la diaspora, canal historique (CG/RBD c. h.) rappelle que les coups d’Etat militaires ne constituent pas la panacée pour sortir le pays du gouffre socio-politique dans lequel le Bénin se trouve sous la gouvernance de ruse et de rage de Patrice Talon contre le peuple. Le Bénin (ex-Dahomey) a connu beaucoup de coups d’Etat dans son histoire qui n’ont rien permis de résoudre. Mieux, ils ont entrainé une instabilité politique qui a fini par un pouvoir dictatorial à partir de 1972 jusqu’en 1990 avec le dictateur Mathieu Kérékou.
Comme pendant le Parti de la Révolution populaire du Bénin (PRPB) soi-disant marxiste-léniniste, la CG/RBD c. h. pense que c’est le peuple en lutte seul qui est capable de défaire le régime dictatorial de Patrice Talon. C’est d’ailleurs pourquoi, la CG/RBD c. h. invite instamment la jeunesse et le peuple béninois tout entier à prendre leurs responsabilités pour défaire la dictature de Patrice Talon et ainsi sauver le Bénin.
Paris le 23 février 2022
La Coordination Générale de la Résistance Béninoise dans la Diaspora
(CG/RBD c. h.)