AVANT-PROPOS
Depuis l’indépendance nominale de notre pays en 1960, les obstacles majeurs à son développement et à l’épanouissement de notre peuple sont : le pacte colonial et l’inféodation des dirigeants politiques à l’ancienne puissance coloniale la France et l’absence d’amour réel pour la patrie, la mauvaise gouvernance induite par ce pacte avec la tendance pernicieuse d’instauration d’un pouvoir personnel au mépris de la souveraineté du peuple, l’impunité des crimes politiques et économiques.
De 1975 à 1990, face à une dictature autocratique, notre peuple a mené des luttes héroïques au prix de lourds sacrifices de ses filles et fils et en a triomphé. La conférence nationale tout en constituant un moment fort de notre histoire a consacré les libertés démocratiques si chèrement conquises mais n’a pas résolu la question de l’impunité qui est devenue une véritable gangrène pour le développement de notre pays.
Depuis lors, notre peuple s’est toujours opposé à toutes formes de restauration de l’autocratie et a toujours exigé que l’impunité cesse et que soient sanctionnés tous ceux qui ont attenté aux libertés, à la vie des citoyens pour raison politique ou qui ont commis de graves prédations contre les ressources matérielles. Toutes ces luttes menées sur le sol national sont relayées et popularisées par les soins de la diaspora aussi bien sur le continent africain qu’en Europe et dans les Amériques.
En effet, il y a une vieille tradition de lutte au sein de la diaspora béninoise en Europe et particulièrement en France. Elle se déroule sous forme de la lutte pour la démocratie et le pain et de façon générale sous forme d’une remise en cause de l’ordre néocolonial en vigueur au Bénin depuis les indépendances formelles de 1960. L’AED (Association des Etudiants Dahoméens en France) puis le CCDB (Comité Culturel pour la Démocratie au Bénin) se sont honorablement acquittés de cette tâche.
Depuis avril 2016, le peuple béninois fait face au pouvoir de la rupture qui s’est illustré dans la négativité dans les domaines politique, diplomatique, économique et social avec sur le plan politique, de graves remises en cause des libertés fondamentales.
A l’image de ce qui se passe sur le sol national, la diaspora béninoise s’est mobilisée à travers ses diverses organisations que sont : le CCDB, le Comité du Front pour le Sursaut Patriotique dans la Diaspora (CFSPD) et le Collectif des Béninois dans la Diaspora (CBD).
Mais, en une année seulement d’exercice, le pouvoir de la rupture s’est transformé en une dictature autocratique où les portes des prisons sont à nouveaux ré-ouvertes comme dans les années 80 pour y enfermer les opposants et ouvrir celles de l’exil pour les exilés. Pendant ce temps sur le sol national, les lois scélérates ont conduit à dénier à notre peuple son droit de désigner ses propres dirigeants. La conséquence directe qui s’en est suivie est l’afflux de réfugiés politiques pour grossir les rangs de la diaspora béninoise particulièrement en Europe et dans les Amériques. Ces réfugiés seront intégrés dans le cadre organisationnel existant. C’est le cas en France. Le cadre organisationnel va lui-même évoluer vers la création d’une autre structure pour accueillir les réfugiés et d’autres.
C’est ainsi que les bases du Collectif pour la Sauvegarde de la Démocratie au Bénin (CSDB) ont été posées le 06 mars 2019 à l’AGECA/Paris au cours d’une réunion de représentants de partis politiques , de responsables d’associations et de patriotes et démocrates béninois résidant en France.
Ces bases seront consolidées au cours de l’AG constitutive tenue à l’AGECA/Paris tenue le 21 décembre 2019 dans le but d’une déclaration à la préfecture de police de Paris et ce après les Assises de Paris.
L’histoire retiendra que le bureau du CSDB a essayé de confondre une organisation de masse et un parti politique. C’est l’une des causes principales qui a induit la crise intervenue au sein de la Résistance Béninoise dans la diaspora. L’AG du 05 juin 2021 n’a fait qu’entériner cette réalité et consacre la scission au sein de la CG/RBD.
L’arrivée de réfugiés dans la diaspora constitue un apport de bras supplémentaires pour renforcer la lutte contre l’autocratie. Effectivement, c’est un renfort quantitatif et qualitatif qui au plan organisationnel a créé une dynamique de contestation du pouvoir de la rupture au point de contribuer largement à son isolement international. Mais malheureusement, la manipulation de la diaspora par des éléments parmi les réfugiés et avec la complicité d’autres éléments de la diaspora constitue une trahison. Et toute cette machination est sous-tendue par l’idée selon laquelle il ne se passe plus rien sur le sol national (entendre par là que plus personne ne se bat dans le pays contre l’autocratie sauf dans la diaspora béninoise) et par conséquent, le centre de la Résistance nationale se serait déplacé de Cotonou à Paris d’où la fameuse idée du leadership que la diaspora devrait désormais assumer au détriment du sol national.
Face à la nouvelle situation créée, les éléments restant fidèles à l’idée de départ de s’organiser au sein de la diaspora béninoise pour contribuer à lutter efficacement contre la dictature autocratique de Patrice Talon, décident de prendre leur responsabilité en réorganisant la Résistance béninoise dans la diaspora pour continuer le combat. Ils décident par conséquent de la poursuite du combat dans la diaspora béninoise sous l’appellation de la CG/RBD canal historique et se donnent la présente charte comme devant servir de base à leurs actions. En vertu de quoi, les signataires de la présente charte s’engagent à ce qui suit.
D’où la proposition de Charte :
PRÉAMBULE
- Considérant la Charte du Manden, proclamée en l’an 1236 dans l’empire du Mali, sous le règne de Soundiata Keita, et qui constitue la première « Déclaration des droits de l’Homme » gouvernant les droits de la personne dans une société Africaine
- Considérant la déclaration universelle des droits de l’Homme adoptée le 10 décembre 1948,
- Considérant la Charte africaine des doits de l’homme et des peuples de 1981,
- Considérant les autres Chartes africaines comme la Charte africaine de la jeunesse, la Charte africaine de la démocratie et des élections, la Charte africaine des droits et du bien-être, la Charte africaine des droits de la femme.
- Considérant la profonde aspiration des peuples du monde entier à la liberté et au progrès social ;
- Considérant la primauté de l’intérêt général sur les intérêts des clans et des individus ;
- Considérant la tradition de luttes pour la liberté et la souveraineté du pays d’origine de la diaspora béninoise et son opposition à toute agression étrangère sous toutes ses formes,
- Considérant la réunion du 06 mars 2019 à Paris et l’Assemblée Générale constitutive du 21 décembre 2019 ayant conduit au lancement de la « Résistance Béninoise dans la Diaspora » (RBD) et à la mise en place d’une coordination générale de cette organisation,
- Considérant l’assemblée générale du collectif pour la sauvegarde de la démocratie au Bénin (CSDB) du 05 juin 2021 qui a constaté la scission du mouvement de la Resistance Béninoise dans Diaspora sur la base de divergences de philosophie politique profondes sur la question de la lutte contre l’autocratie
- Considérant La nécessité de réorganiser la Résistance béninoise dans la diaspora –sur des bases plus claires
Affirme :
1. – OBJET – BUT – NOM
Article 1 : Il est refondé entre les membres adhérents à la présente, une organisation qui regroupe les Béninois et Béninoises de la diaspora et les sympathisants à la cause du Bénin et de son peuple et qui acceptent d’être régis par les présents articles. Ils partagent en commun l’historique ainsi que les valeurs et principes énumérés dans l’Avant-Propos et le Préambule de cette Charte. La Charte est accompagnée d’un règlement intérieur qui précise les modalités spécifiques de l’organisation.
Article 2 : Cette structure est dénommée la Résistance Béninoise dans la Diaspora (RBD).
Article 3 : La Charte vise à préciser les fondements de l’existence de l’organisation, les valeurs et principes auxquels elle se réfère.
Article 4 : L’objectif de la RBD est de favoriser le regroupement de tous les Béninois et de toutes les Béninoises, résidant à l’étranger, dans la diaspora, qui ont en commun de défendre les droits humains et des peuples, les droits économiques, les droits environnementaux, les droits civiques des populations béninoises ainsi que de la diaspora ; la démocratie et la souveraineté au Bénin.
Elle vise à mettre en commun les combats menés à travers des campagnes de dénonciation concertées, ciblées et massives, contre les maux que sont : Les tripatouillages électoraux, les prolongations abusives des mandats, les violations systématiques des libertés publiques, la répression systématique de toute forme de contestation, les détournements des deniers publics, la corruption, le clientélisme, le tribalisme comme mode de gouvernance, le bradage des richesses du pays et du continent, l’aliénation culturelle des peuples.
Le socle la RBD est le bien commun du peuple et du pays qui se nourrit de l’ensemble des luttes des peuples du monde, mais également des expériences des précurseurs telles que celles de Bio Guerra, Kaba, Gbèhanzin, Kpoyizoun… et tous ceux ayant milité en faveur du bien commun du Bénin et de son peuple.
La RBD se fixe pour cela, les tâches conséquentes suivantes :
– Contribuer au travail d’éveil des consciences à travers l’information, la sensibilisation et la connaissance de l’histoire des luttes de notre pays, de l’Afrique et du monde ;
– se mobiliser sur toutes les questions susceptibles d’infléchir la politique africaine des pays de résidence de la diaspora,
– Contribuer à enrayer le régionalisme et l’ethnocentrisme qui freinent l’unité nationale pour la défense de la patrie et sa souveraineté contre toute agression extérieure ou guerre civile ;
– travailler avec et en direction de toutes les forces démocratiques et progressistes d’Afrique pour développer la solidarité réciproque entre les peuples pour une l’émergence d’un réel panafricanisme.
2. VALEURS ET PRINCIPES DE LA RBD
Article 5 : La RBD prône des valeurs dont : le Patriotisme, la fraternité, la solidarité, la probité, etc…
Article 6 : Les membres de la RDB se mobilisent activement pour un patriotisme engageant de la diaspora et œuvrent, à travers des actions, pour le développement d’une conscience citoyenne collective de la défense du bien commun.
Article 7 : Ils défendent réellement la bonne gouvernance qui se traduit par la transparence dans la gestion des affaires de l’Etat, la véritable lutte contre la corruption, la reddition de compte et la fin de l’impunité ;
Article 8 : La RBD exhorte à la culture de résultats de ceux et celles qui occupent des postes de responsabilité dans le pays et à l’extérieur.
3. ADHÉSION, MEMBRES ET SYMPATHISANTS
Article 9 : L’adhésion à la RBD est individuelle.
Article 10 : Peut être membre de la RBD, tout Béninois ou ami du Bénin résidant hors du territoire national du Bénin qui adhère à sa Charte et à son règlement intérieur et qui participe aux activités de l’une de ses sections territoriales et qui s’acquitte régulièrement de ses cotisations.
Article 11 : Peut être sympathisant de la RBD, toute personne sans distinction de nationalité qui soutient les activités de la RBD ou qui apporte toute aide concrète à la lutte du peuple béninois pour la liberté, son épanouissement économique et social et l’avènement d’un gouvernent démocratique patriote et de probité.
4. ORGANISATION DE LA RBD
Article 12 : Les organes de la RBD sont :
– L’assemblée générale (AG) des membres
– La coordination générale (CG)
– Les pôles continentaux
– Les sections territoriales
Article 13 : L’AG est l’instance suprême de la RBD. Elle réunit les membres des sections territoriales, les membres du bureau des pôles continentaux, les sympathisants et tous les membres de la coordination générale.
Elle se réunit tous les deux ans en session ordinaire sur convocation régulière de la CG et en session extraordinaire en cas de nécessité.
L’organisation des AG est définie par le règlement intérieur.
Article 14 : Les membres de la CG sont élus par l’AG pour une durée de 24 mois renouvelable ou exceptionnellement cooptés par les membres élus si le besoin de renforcement de la CG entre deux AG le justifie. Le nombre de membres cooptés ne peut toutefois pas dépasser la moitié du nombre des membres élus à l’AG. La CG assure la coordination du fonctionnement de la RBD et de ses démembrements.
Article 15 : La CG, comme structure faîtière, peut constituer différentes commissions ad hoc pour l’assister dans l’exécution de ses tâches. Elle peut avoir parmi ses membres des personnes désignées pour exercer des fonctions de représentation nécessaires à l’interaction de la RBD avec les structures tierces ou avec le public.
La CG installe et anime une commission de presse et une commission des affaires sociales et se dote d’un site web, entretenu et mise à jour par un comité désigné à cette fin.
Article 16 : Les pôles continentaux sont composés des délégués des sections territoriales (minimum 2 par pays) selon une règle de proportionnalité du nombre d’adhérents sans dépasser le nombre de 5 délégués par section territoriale. Les pôles continentaux possibles sont : le reste de l’Afrique, l’Europe, Les Amériques, l’Asie, le Moyen-Orient et l’Océanie.
Article 17 : Les sections territoriales sont les structures de base de la RBD. Elles réunissent les membres de la RBD sur un territoire donné avec un minimum de 5 membres par section. Les sections territoriales correspondent à chaque pays d’accueil de Béninoises et de Béninois. Toutefois, les ressortissants béninois de plusieurs pays peuvent constituer une section multi-territoriale si leur nombre dans chacun de ses pays est inférieur au minimum requis pour créer une section territoriale spécifique.
Article 18 : Chaque section reconnue par la CG est dotée de statuts et d’un règlement intérieur spécifiques basés sur des textes génériques établis et adoptés par la CG et qui seront adaptés aux réalités de chaque territoire. En aucun cas, ces statuts et règlements spécifiques ne peuvent être en contradiction avec la Charte, le règlement intérieur de la RBD et les textes génériques de référence adoptés par la CG.
5. RESSOURCES DE LA RBD
Article 19 : Les ressources de la RBD sont constituées par les cotisations de ses sections et par les dons et legs offerts par les membres, les sympathisants et les amis des luttes du peuple béninois.
Article 20 : Les pôles continentaux ou les sections territoriales contribuent aux ressources de la CG selon un barème fixé par le règlement intérieur.
6. DISCIPLINE
Article 21 : Un minimum de discipline est indispensable à la bonne marche des activités de la RBD. Toute activité caractérisée de sabotage ou de détournement de la RBD de ses objectifs sera passible de sanctions définis et régis par le règlement intérieur.
7. Dissolution
Article 22 : La dissolution de la RBD peut-être prononcée par les 2/3 des membres en règle réunis en AG extraordinaire selon le règlement intérieur.
Article 23 : En cas de dissolution, les biens de la RBD sont affectés à une organisation non partisane au Bénin ou dans la diaspora ayant des objectifs similaires.