Collectif pour la Sauvegarde de la Démocratie au Bénin (CSDB)
Coordination de la Résistance dans la Diaspora
Fait à Paris le dimanche 22 mars 2020
“Un mal qui répand la terreur, Mal que le Ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, ..etc”.
Cette fable de La Fontaine, des dizaines de générations entières d’écoliers l’ont apprise. Mais voilà que la réalité dépasse la fiction de La Fontaine. Le monde entier est en émoi. C’est la guerre sanitaire contre un mal invisible, le coronavirus dénommé par l’OMS, l’Organisation Internationale de la Santé, covid-19.
Tous les pays ou presque ont déclaré l’état d’urgence sanitaire. Dans nombre de pays, la vie semble s’arrêter ; les gouvernements prennent des mesures de temps de guerre pour protéger leurs populations , le confinement généralisé est déclenché, les aéroports et villes se vident, les manifestations sportives et culturelles sont reportées, les réunions interdites.
Les dégâts sociaux et économiques sont incalculables.
Le continent africain n’est pas en reste, même s’il semble pour le moment être le moins touché. L’OMS appelle l’Afrique à se “réveiller” face à la pandémie et précise qu’il faut “se préparer au pire” (voir le journal le Monde du 19 mars 2020). Les gouvernements commencent à prendre des mesures. En Afrique de l’ouest, le Sénégal, la Côte-d’Ivoire, le Ghana, le Niger, le Burkina Faso, etc. ferment leurs aéroports aux avions en provenance des pays les plus touchés par la pandémie.
Au Bénin, après moult tergiversations, le gouvernement de Patrice Talon tint le 17 mars 2020 un conseil des ministres extraordinaire pour se pencher sur le sujet. Malheureusement, c’est la montagne qui accoucha d’une souris. De mesures fortes, il n’y en eu point. Ce gouvernement, dont nous nous rappelons encore les faits d’armes à l’endroit des populations déguerpies, se contente de prodiguer des recommandations et des exhortations.
Le gouvernement béninois a t-il pris la mesure de la catastrophe qui se profile à l’horizon ? On peut en douter. La preuve : il décide délibérément de laisser ouverts les écoles, les collèges, les lycées et toutes les institutions d’enseignement supérieurs. Quand on sait qu’au bénin, les écoles avec plus de cent élèves constituent la norme, que des amphithéâtres surpeuplés sont choses courantes dans les universités, il y a de quoi avoir froid dans le dos.
Et bien sûr ce gouvernement continue de préparer ses élections municipales et communales exclusives avec les meetings de pré-campagne et de campagne. On se croirait sur une planète.
Mais le gouvernement béninois va plus loin dans l’absurde. Il vient de répondre par une fin de non-recevoir, à la demande du directeur national de l’enseignement catholique d’arrêter les cours dans les écoles, collèges, lycées et universités catholiques du Bénin, sous le prétexte que pour l’heure, “l’urgence n’est pas au confinement ou à la mise en quarantaine de la population, d’un groupe-cible ou d’une communauté”. Il annonce avoir fait débloquer 10 milliards de fcfa mais cela se fait dans une opacité totale.
Compte tenu de tout ce qui précède, le Collectif pour le sauvegarde de la Démocratie au Bénin (CSDB) lance un vibrant appel à toutes les populations du Bénin afin qu’elles prennent des initiatives hardies pour se protéger et protéger les enfants et les adolescents.
Le CSDB exige du président Patrice Talon et de son gouvernement :
– La fermeture immédiate des écoles, collèges, lycées et universités publics et privés du Bénin ;
– La suspension immédiate de la pré-campagne et de la campagne pour les élections municipales et communales exclusives voire leur annulation pure et simple ;
– Des restrictions sévères à la tenue des marchés et en particulier à la tenue du grand marché de Dantokpa ;
– La prise de mesures sanitaires strictes dans tous les hôtels et centres d’hébergement du pays ;
– La fermeture immédiate des bars, restaurants, débits de boisson, autres officines, maquis, et gargottes ;
– La mise en place de mesure sociales fortes pour accompagner les populations en général et les plus fragiles en particulier ;
– La mise en place de toute la logistique nécessaire pour assurer l’approvisionnement des populations en eau potable et le bannissement des ventes de sachets d’eau.
Hors ces mesures d’urgence sanitaire point de salut et nous considérerons le gouvernement béninois responsable de la catastrophe qui s’annonce si ces mesures ne sont pas prises pour la conjurer.
Le coordinateur général