Collectif pour la Sauvegarde de la Démocratie au Bénin – csdb
coordination de la résistance béninoise en europe
Paris le 26 mars 2020
C’est avec stupéfaction que nous apprenons que la communauté estudiantine de notre pays le Bénin est encore une nouvelle fois en deuil du fait de la répression absurde et criminelle du pouvoir de la rupture.
Selon les informations à notre disposition, c’est en voulant faire respecter sur le campus universitaire d’Abomey-Calavi les consignes du gouvernement interdisant tout attroupement de plus de cinquante personnes, que les étudiants se sont retrouvés confrontés à cette nouvelle répression qui se solde par un mort par balle de la police et de nombreux blessés et arrestations.
Tout a commencé le lundi 23 mars 2020 quand le bureau de la Fédération Nationale des Etudiants du Bénin (FNEB) a décidé de faire respecter sur le campus d’Abomey-Calavi l’une des consignes du gouvernement interdisant les attroupements de plus cinquante personnes.
Cette consigne devait impliquer automatiquement la fermeture des écoles, des collèges, des lycées et des institutions d’enseignement supérieur sur toute l’étendue du territoire national. En effet les classes de plus de cent élèves ou lycéens constituent une norme au Bénin. Les amphithéâtres ont souvent des effectifs de plusieurs centaines d’étudiants. Or le gouvernement ne se résout pas à ordonner la fermeture des écoles, des collèges, des lycées et des institutions d’enseignements supérieurs mettant gravement en danger la vie de nos enfants dans le cadre de la pandémie du coronavirus/covid-19.
Le lundi 23 mars 2020, sur consigne du bureau de la FNEB, des groupes d’étudiants ont commencé à passer d’amphithéâtre en amphithéâtre pour mettre fin aux cours et demander aux étudiants de rentrer se confiner chez eux et ce dans l’intérêt de chacun et de tous.
Le mardi 24 mars, très tôt dans la matinée, les forces de l’ordre arrêtent le président de la FNEB, Wenceslas AKAKPO, alors qu’il répondait à une invitation du recteur de l’Université.
Plusieurs autres étudiants seront arrêtés dans la foulée par les forces de l’ordre qui envahissent le campus. Les étudiants commencent à manifester et à exiger la libération de leurs camarades arrêtés. Les échauffourées ont alors commencé avec des jets de pierre en réponse aux tirs de gaz lacrymogène.
C’est dans cette bataille rangée sur le campus que les forces de l’ordre ont fait largement usage de leurs armes blessant plusieurs étudiants et tuant Théophile Dieudonné DJAHO, étudiant en 3ème année de géographie. La victime fuyait quand l’un des véhicules pick-up des policiers l’a poursuivi et un policier a tiré sur lui. Il succombera à ses blessures.
Le Collectif pour la Sauvegarde de la Démocratie au Bénin (CSDB) et la Résistance Béninoise en Europe s’inclinent devant la mémoire du défunt et présentent leurs condoléances à sa famille.
1- apportent leur soutien indéfectible à l’ensemble de la communauté estudiantine ainsi endeuillée et à sa fédération qui se bat pour la sauvegarde de la vie face à la pandémie du coronavirus/covid-19.
2- Ils dénoncent les tergiversations absurdes, irresponsables et inadmissibles du gouvernement dit de la rupture et son incohérence dans les mesures prises pour contrer l’expansion de la pandémie sur le sol du Bénin.
3- Ils exigent :
– la fermeture immédiate de toutes les structures d’enseignement sur toute l’étendue du territoire national ;
– la prise de mesures sociales, logistiques et économiques fortes à l’instar des pays de la sous-région ;
– la suspension de la précampagne ainsi que la campagne électorale exclusive des élections locales du 17 mai 2020 ;
– des restrictions à la tenue des marchés en général, et du marché Dantokpa en particulier. ;
– des mesures sanitaires strictes dans toutes les structures hôtelières du pays ;
-Enfin, le châtiment exemplaire des commanditaires et exécutants de l’assassinat de DJAHO Théophile.
Le président Patrice Talon et son gouvernement seront seuls responsables de la catastrophe annoncée si les mesures adéquates ne sont pas prises.
Uni et discipliné, le peuple sortira vainqueur de l’épreuve du coronavirus.
La coordination générale