Déclaration sur l’an I des élections législatives exclusives, répressives et sanglantes au Bénin

Collectif pour la Sauvegarde de la Démocratie au Bénin (CSDB)

Coordination Générale de la Résistance Béninoise dans la Diaspora

Paris, le 30 avril 2020

28 avril 2019-28 avril 2020. Cela fait exactement 1 an jour pour jour que le gouvernement dit de la rupture a organisé sa première élection, celle législative depuis l’élection du Président Patrice Talon à la tête du Bénin. Et pour une première, c’est un désastre pour le pays. Le 28 avril 2019 a sonné le glas de la démocratie béninoise. Et pour cause.

C’est la première fois depuis la Conférence Nationale de février 1990 que des élections sont organisées au Bénin à l’exclusion de toute l’opposition et du peuple, et ce dans le mépris total des normes constitutionnelles existantes. Cet évènement en a surpris plus d’un à commencer par les Béninois eux-mêmes qui, ébahis, se demandent ce qui leur arrive. Elles marquent le début d’une nouvelle épreuve que le Président Patrice Talon a pris la lourde responsabilité d’imposer au pays. Et les questions qu’on est en droit de se poser sont de se demander : comment en sommes-nous conduits à ce résultat et quelles peuvent être les perspectives qui s’ouvrent à l’horizon pour le pays ?

En effet, c’est le 6 avril 2016 que Patrice Talon est élu démocratiquement à la tête du Bénin avec 65% des voix. Mais, une fois au pouvoir, c’est avec méthode et sans concession aucune qu’il va procéder à la déconstruction les uns après les autres, des acquis que notre peuple, des décennies durant, s’est sacrifié dans des luttes mémorables pour conquérir. La Constitution du 11 décembre 1990 est le produit de ces luttes politiques et sociales de notre peuple dans toutes ses composantes contre le régime despotique et failli de KEREKOU-PRPB.

L’une des premières mesures de Patrice Talon en tant que nouveau chef de l’Etat, est une attaque en règle contre les libertés d’association, de réunion, de manifestation pourtant prévues et consacrées par l’article 25 de notre Constitution : interdiction des associations d’étudiants en octobre 2016, interdiction et répression des marches pacifiques d’étudiants y compris sur le campus, interdiction et répression de la manifestation pacifique des femmes contre la faim le 20 février 2017 etc. A partir de là, toute l’histoire de la gouvernance Talon sera l’histoire de la violation en continu des dispositions constitutionnelles protégeant le citoyen béninois de l’arbitraire de l’Etat et la mise en place de dispositions de l’appropriation du patrimoine de l’Etat à son profit et à celui de son clan. Ainsi se succèdent :

– les attaques frontales contre la liberté de presse (fermeture arbitraire par la HAAC et piratage de médias indépendants), pourtant prévue par l’article 24 de notre Constitution ;

– attaque frontale contre le droit syndical et surtout le droit de grève, droit prévu et consacré par l’article 31 de notre Constitution ;

– répression de la liberté d’opinion et d’expression pourtant prévue et consacrée par l’article 23 de notre Constitution: cas de la radiation du capitaine TREKPO qui a osé dénoncer la privatisation du parc de la Pendjari ;

– emprisonnement d’opposants politiques sous couvert de la lutte contre la corruption : cas des détenus dans l’affaire CNSS/BIBE contre Laurent METONGNON et ses co-accusés. La machine répressive enclenchée ne connaîtra plus de limite. Ainsi, après la levée d’immunité d’anciens ministres et des députés de la minorité parlementaire de la 7ème législature sur la base d’un rapport les mettant pourtant hors de cause, beaucoup de patriotes et démocrates seront inquiétés par des tentatives d’arrestation et poussés à l’exil. D’autres comme le président d’honneur de l’USL, Sébastien Germain AJAVON, frappé par une condamnation expéditive de la part de la CRIET décriée aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, n’échappera pas à la même sanction du chemin de l’exil.

S’il y a un autre domaine où le Président Talon fait du zèle, c’est celui de la mise en avant des intérêts personnels au-dessus de l’intérêt général. Ainsi, Patrice Talon s’est approprié l’essentiel des ressources du pays, une véritable OPA sur le Bénin. Aujourd’hui, toutes les grandes sources de richesse dans le pays appartiennent à Patrice Talon, Bocco Olivier, Dagnon et compagnie avec tous les conflits d’intérêts qui s’en suivent. Tenez : le Port (PVI avec Bénin Control, ATRAL), le coton (AIC), acajou, leasing, approvisionnement en produits pétroliers pour ne citer que ceux- là.

Après avoir muselé le peuple travailleur pour l’empêcher de crier la faim et de dénoncer l’exploitation sauvage et les crimes en commission, radié et emprisonné des syndicalistes dans un environnement d’atteinte grave aux Droits de l’Homme et après avoir mis la main sur les ressources du pays, c’est le moment de trouver un habillage juridique à tous ces forfaits d’où la nécessité pour lui d’imposer ses lois scélérates et liberticides en tout genre pour verrouiller le système :

– un code numérique et un code pénal réprimant toute expression libre des citoyens notamment toute manifestation de rue ou toute parole libre sur les réseaux sociaux; exemple :la loi n° 2017-05 du 29 août 2017 portant embauche, placement de main-d’œuvre et résiliation de contrat de travail en République du Bénin.Les victimes de ce sinistre code numérique sont des journalistes jetés en prison ou traqués (Casimir Kpédjo, Ignace Sossou encore en détention injustement), des jeunes activistes web dont un certain nombre sont toujours en détention à ce jour.

– une cour d’exception appelée CRIET où des condamnations arbitraires ont été prononcées et des patriotes et des démocrates ont été jetés en prison. Le cas de Laurent Mètongnon, Sébastien Ajavon et Komi Koutché sont illustratifs à cet égard, et bien d’autres encore.

– la loi 2018-23 portant nouvelle charte des partis politiques au Bénin et celle 2018-31 portant code électoral en République du Bénin ont pour but de procéder par l’argent, à faire disparaître les partis représentatifs des couches populaires et à exclure tout citoyen ou tout parti ne possédant pas de moyen financier de toute participation aux élections législatives et présidentielles. Patrice Talon, conscient de son impopularité et de son rejet des populations, a besoin de ces lois d’exclusion pour atteindre ses objectifs.

Face à la situation d’exclusion ainsi créée, l’opposition s’est présentée sous un mot d’ordre unique : pas d’élection sans l’opposition et au regard de la journée du 28 avril 2019, ce mot d’ordre a été entendu eu égard à la très faible participation des électeurs au scrutin, plus de 90% de boycott.

S’il est dans la vie de notre nation, des moments qui profanent la mémoire collective, ce 28 avril 2019 en constitue bien un dans l’Histoire du Bénin.

Les horreurs qui ont suivi l’organisation de ce simulacre d’élections, à savoir les tueries des 1er et 2 mai 2019 à Cadjèhoun, celles qui ont précédé le 28 avril à Kilibo et celles qui suivirent après à Savè restent encore des moments que nous éprouvons de la peine à évoquer, ne trouvant pas les mots justes pour rappeler l’horreur, pour dire le chagrin de ceux et celles qui ont connu ces horreurs et des familles qui ont perdu les leurs sous les balles réelles des forces armées de notre pays. Prudence Vioutou Amoussou, Kandissounon Abdel Djayane, Mama Assouma, Sito Rahmane, Kpéra Bachirou, Chabi Taïrou, Sanni Orou, Gbingniré Arouna Moussiliou, Mama Mamadou, Ambroise Biaou, Daniel Elécho, Worou Imorou Assika, Dimon Oscar, Kouagou M’po Daniel, Dadjè Etienne, Broda Souradjou, Bariba Tchatchou, Abdou Issaou, Théophile Dieudonné Djaho, Bio Zakari Adam, etc. font partie de ces martyrs que nous commémorons aujourd’hui.

Pour toutes les personnes arrêtées dans ces circonstances, pour toutes les familles qui ont vécu la confiscation de la dépouille de leurs défunts les empêchant de faire dignement leur deuil, nous savons que leur chagrin reste intact en ce jour.

Nous, patriotes et défenseurs de la démocratie Béninoise, réunis dans la Résistance dans la Diaspora, invitons tout le peuple béninois à rester mobilisé et déterminé pour restaurer la démocratie.

Vive la Résistance !

Vive le Bénin !

Le Coordonnateur Général,

Justin AZANKPO

La voix du Bénin

Votre site d’information, de sensibilisation, de communication, d’influence et de propagande positive qui correspond à une forte adhésion de la population à la restauration de la démocratie et de l’Etat de droit au Bénin.

Calendrier


Sélectionnez la date et l'heure:
Votre numéro de téléphone:

Votre nom:

Votre e-mail:

Commentaires/Questions:

Merci d'entrer le code de sécurité:
security code
Code de sécurité (lettres minuscules):

A lire aussi

Actualités du Bénin

Actualités du Bénin

e dictature autocratique où tout est sous le contrôle d’un seul homme et de son clan. Il a pour nom: Patrice Talon. 

l’urdac mali et la cg/rbd bénin dénoncent l’accord d’alger et décident de conjuguer leurs efforts pour combattre cet accord jusqu’à son annulation

l’urdac mali et la cg/rbd bénin dénoncent l’accord d’alger et décident de conjuguer leurs efforts pour combattre cet accord jusqu’à son annulation

Les peuples du Mali et du Bénin traversent des phases critiques de leur histoire. L’URDAC et la RBD Canal historique qui travaillent dans la diaspora doivent mutualiser leur effort et se montrer solidaires dans les luttes qu’elles mènent pour provoquer l’éveil des consciences, promouvoir l’aspiration à une véritable souveraineté de nos peuples et contribuer au développement de leurs pays respectifs.

Share This